Le Périple

 

L'art de la navigation et le pouvoir des dieux.


Depuis donc plusieurs millénaires, le peuplement de la Polynésie repose sur l'art de la navigation et une grande connaissance de l'océan et du ciel.
Sur des gigantesques pirogues aux voiles triangulaires, les maîtres de la navigation scrutaient l'horizon avec attention. Ils utilisaient les vents, les courants marins, les ciels de jour. La nuit, des champs d'étoiles s'élevaient à l'avant des pirogues. Les maîtres de la navigation et les prêtres de l'océan s'y tenaient et observaient scrupuleusement les lignes respectives du ciel nocturne.


Ils observaient également les migrations d'oiseaux et la nature environnante. Ils reconnaissaient la proximité d'une terre à l'aspect que prennent les nuages lorsqu'ils passent au-dessus d'elle, et à la présence sur l'eau de débris végétaux.


Les connaissances de la navigation se reposaient donc en partie sur le visuel.
Mais ils comptaient grandement sur les forces et les pouvoirs de leurs dieux.
Les différentes étoiles étaient mémorisées par les chants traditionnelles et des noms leurs étaient attribués.

Il a donc fallu beaucoup de temps pour la colonisation de toutes les îles, des centaines voire des milliers d'années. Les techniques de navigation se devaient d'être fiables et précis : il fallait savoir se repérer et surtout ne pas se perdre dans cette immense océan. Pour une question vitale, les hommes qui composaient chaque expédition devaient savoir revenir au point d'origine.

Il fallait aussi avoir une grande capacité d'adaptation technique et socioculturelle une fois l'objectif atteint.
Jusqu'aux îles des Samoa , des minuscules terres se trouvaient sur le parcours. Mais les étapes suivantes sont vers "l'inconnu", "l'inaccessible" sur l'échelle d'hommes et de femmes qui croient en de terres sacrées, en "l'espace des dieux".


Les prochaines étapes de ce fantastique périple sur l'océan allaient toutes être célèbres : Les Marquises, Tahiti, Rapa Nui, Hawaii et Aotearoa.
Les polynésiens allaient être les derniers et les plus grands découvreurs de terres vierges de notre planète. Leur destiné serait de vivre le plus isolé du monde. Cet isolement les a certainement convaincu à repousser les limites de cet espace et à aller à la rencontre des promesses des dieux en recherchant leurs terres.
Toutes les îles du Pacifique ont ce même regard sur l'univers.


Leurs habitants restaient constamment reliés à la puissance divine. Ils étaient dans un monde plus proche du ciel, tout en étant loin des grandes terres. Aucune exploration ne pouvait se concevoir sans l'aide de leurs dieux.


L'Océan ne leur faisait pas peur.
Bien au contraire. Il était le support de toutes les découvertes, il était vénéré.
Poussés donc par cette envie de connaître l'espace infini de leur univers, ces navigateurs allaient en vingt siècles peupler entièrement toutes les parcelles de terres du Pacifique, sous le regard attentif de leurs "atua", leurs dieux. Les distances qui séparent ces îles sont immenses.
On ne connaît malheureusement pas les raisons de tels voyages.

Le premier contact avec les européens fut aux 18 ème siècle. Ces derniers se demandèrent par quels miracles ont pu arriver ces hommes et ces femmes sur ces minuscules terres au milieu d'un immense océan dont les cartes n'étaient pas encore tracées. Cette fascination fut retranscrite dans leurs journaux de bord respectifs. Des ouvrages furent édités. Ceux-ci furent le vecteur du mythe polynésien dans différents pays du monde, un mythe encore vivant de nos jours.

Les polynésiens gardaient secrètement un morceau de cerveau corallien sous leur place dans la pirogue. Le cerveau corallien représente le dieu marin dont l'aide est invoquée pour une traversée sûre.

Polynesian Triangle Association

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